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Prise en charge
Les
enfants atteints de trisomie 21 ont un retard psychomoteur important
avec une prédominance du retard du langage et de la marche en rapport
avec leur déficience mentale. La prise en charge de ces enfants suit
habituellement différents principes :
1) La prise en charge doit être la plus précoce possible, c’est-à-dire
dès les premiers mois de la vie
2) La surveillance médicale doit être régulière pour réduire ou
supprimer des déficiences supplémentaires
3)
La prise en charge doit être effectuée par une équipe
pluridisciplinaire car elle concerne tous les aspects du développement
de l’enfant
4) La famille doit être informée et impliquée dans la prise en charge
par une action sociale continue et une guidance parentale.
« Des
séances de rééducation appropriées sont conseillées pour aider l’enfant
à se développer d’une façon harmonieuse, associant la prise en charge
psychomotrice ( amélioration du développement psychomoteur surtout pour
la marche) ; la prise en charge motrice (développement de la
statique vertébrale, maintien de la ceinture abdominale, travail de
l’autonomie) ; la prise en charge orthophonique (apprentissage
du
langage et favoriser la communication) et la prise en charge
psychologique (stimulation des acquisitions psychiques). »
Logopédie
La
logopédie est la rééducation la plus souvent prise en charge.
« Une rééducation orthophonique, parfois commencée dès 3-4
ans,
peut se concentrer sur la voix et l’articulation, et éventuellement
l’alimentation. Le travail concerne en particulier le souffle, la
respiration, la production de sons de différentes hauteurs, puis les
phonèmes, en associant leur production à des éléments visuels et autres
modalités sensorielles (…). La méthode gestuelle constitue un support
classique à l’élaboration d’une expression orale. Les bonnes capacités
de la mémoire visuelle aide considérablement l’enfant dans cette
tâche. »
Kinésithérapie
La prise en charge motrice
permet à l’enfant de s’adapter à l’environnement et à limiter l’impact
de certains troubles sur son développement. Il s’agira de stimuler,
provoquer, éveiller, créer des désirs tout en respectant les
différentes étapes du développement psychomoteur de l’enfant. Il faudra
donc stimuler l’enfant pour l’aider à évoluer, mais en respectant son
propre rythme. Le kinésithérapeute sera attentif aux troubles
neuromoteurs et musculaires (essentiellement les muscles longs). En cas
de fragilité de l’articulation atloïdo-axoïdienne, le kinésithérapeute
mettra en place un travail de prévention ainsi qu’un suivi particulier.
«
Les troubles des équilibres, et en particulier des équilibres de la
statique vertébrale, imposent l’intervention d’un kinésithérapeute. Il
doit donc avoir la connaissance claire de ces déficits s’il désire
réellement aider l’enfant dans son devenir. »
La capacité
respiratoire d’un adolescent et d’un adulte atteint de trisomie 21 est
réduite et les muscles de la ceinture scapulaire sont toujours atteints
ce qui crée des désordres respiratoires. Les conséquences sont
multiples : déficit esthétique, déficit respiratoire et
conséquences ORL, dysfonctionnement des échanges gazeux sanguins
pouvant avoir un retentissement sur l’activité cérébrale. La prise en
charge kinésithérapeutique respiratoire précoce permet de limiter voir
de supprimer certaines de ces conséquences. Il s’agira de permettre le
bon développement de la cage thoracique et de mettre en place la
respiration profonde et la maîtrise des souffles.
Après deux ans
et demi, trois ans, la qualité de la préhension va progressivement se
détériorer (destruction de la prise en pince, sensibilité de la main
diminuée,…). Le kinésithérapeute va alors donner à l’enfant le plus tôt
possible des moyens d’éviter cette détérioration à travers des
exercices-jeux. Il faudra adjoindre un travail sur la pro-supination et
la force de l’avant bras à ces exercices-jeux de préhension fine.
Avec
le temps, le pied d’un enfant trisomique va se modifier, il y aura
l’apparition d’un écart entre le gros orteil et les autres orteils,
d’un « faux pied-plat » ou pied-plat du trisomique
avec une
rotation interne des chevilles, et une modification de la répartition
des appuis du poids du corps. Le port d’appareil orthopédique est
souvent inutile, la prise en charge doit être dynamique afin de
travailler les muscles du pied et de la cheville. L’acquisition de la
marche sera alors facilitée et on pourra prévenir des déformations de
hanche ou de genu valgum.
L’hypotonie entraîne de nombreuses
difficultés, notamment au niveau de la statique vertébrale et du
maintien de la ceinture abdominale pouvant entraîner, à la puberté, des
déformations importantes. Si l’enfant ne bénéficie pas de
kinésithérapie précoce il peut alors développer des scolioses ou
attitudes scoliotiques graves, il devra alors porter un corset ou subir
une intervention chirurgicale.
Psychomotricité
La prise en
charge psychomotrice débute en général après l’acquisition de la
verticalisation, c’est-à-dire vers 14 mois. Elle aura pour
but « d’aider l’enfant à s’épanouir dans l’harmonie,
à
utiliser dans les situations les plus diverses d’adaptation, les
acquisitions motrices et linguistiques qu’il a réalisées par ailleurs.
Il s’agit en fait, de lui donner la possibilité de faire la synthèse de
ses acquis, de les utiliser selon une nouvelle combinatoire sous forme
de jeux, dans un lieu où il ne court ni le risque d’échec, ni celui de
l’affrontement à un mode de références connues.»[4]
Psychologie
La
prise en charge psychologique doit être effectuée au près de l’enfant
mais aussi des parents. Des psychologues ou psychiatres les prennent en
thérapie à plus ou moins long terme selon leurs besoins.
L’accompagnement des familles peut être réalisé par des associations ou
actions sociales permettant de guider les parents et d’aider les frères
et sœurs. Il faudra être attentif aux changements dans la vie de
l’enfant, comme par exemple l’adolescence, car il risque d’être plus
fragile que d’autres enfants.
Scolarité
Un enfant atteint de
trisomie 21 pourra être scolarisé en enseignement ordinaire ou spécial
selon ses capacités et les souhaits des parents. Cependant pour entrer
dans l’enseignement spécial, l’enfant doit avoir une attestation
précisant qu’il est inapte à suivre l’enseignement ordinaire.
« Actuellement la majorité des enfants atteints de trisomie 21
est scolarisée en école maternelle ordinaire. »
L’enseignement
ordinaire doit être décidé au cas par cas, et réitéré à la fin de
chaque année scolaire. Il faudra avoir l’accord de l’école et certains
aménagements (horaires, pédagogie, personnel supplémentaire …) devront
probablement être mis en place.
L’enseignement spécial comprend
huit types d’enseignement selon les handicaps et leurs degrés. Les
enfants atteints de trisomie 21 se trouvent principalement dans les
classes de type 1 (arriération mentale légère ;
Q.I. : 55-70)
et 2 (arriération mentale modérée ; Q.I. : 40-55 ou
sévère ; Q.I. : <40). Cet enseignement est
accessible de 2
ans et 6 mois à 21 ans.
Au sein de l’enseignement spécial les
classes sont plus petites, du personnel paramédical et éducatif est
présent et l’enseignement sera adapté aux besoins de l’enfant. De même,
ce type d’école permet à l’enfant de rencontrer d’autres enfants ayants
des handicaps proches du sien favorisant ainsi son intégration sociale.
Dans l’enseignement secondaire, il y a quatre formes d’enseignement
supplémentaire :
Forme 1 : « adaptation sociale »
préparant la personne à la vie dans un milieu protégé
Forme
2 : « adaptation sociale et
professionnelle » permettant à des personnes avec des
déficiences modérées d’accéder à un milieu de travail protégé
Forme 3 : « enseignement professionnel »
permettant d’être inséré dans un milieu de travail ordinaire
Forme
4 : « enseignement de transition et de
qualification »
dont le programme est similaire à celui des écoles secondaires
ordinaires.
Autres (Associations, ergothérapie, ...)
Les
personnes atteintes de trisomie 21 ont des troubles métaboliques et une
prédominance à l’obésité c’est pourquoi une éducation diététique devra
être mise en place dès la naissance afin de donner à l’enfant et aux
parents de bonnes habitudes alimentaires.
Des associations pourront
accompagner les familles pour choisir et trouver avec elles des loisirs
ou institutions adéquats. Ces associations peuvent aussi servir de
médiateur afin d’avoir des relations harmonieuses avec différents
centres non spécialisés, en leur permettant de les adapter à ces
enfants.
Une équipe pluridisciplinaire pourra aider l’enfant lors
des repas, de l’habillage et du déshabillage, des bains, des toilettes,
afin qu’il devienne plus autonome.
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